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Burkina Faso: couvre-feu à Ouagadougou de 19H00 à 06H00
AFP / 16 avril 2011 - OUAGADOUGOU - Un couvre-feu a été instauré à Ouagadougou de 19H00 à 06H00 (locales et GMT), a-t-on appris de source officielle, après plusieurs manifestations nocturnes de militaires mutins depuis jeudi et des attaques samedi d'édifices publics par des commerçants mécontents.
"Le secrétaire général du ministère de la sécurité informe la population de Ouagadougou qu'il est instauré un couvre-feu sur toute l'étendue du territoire communal de 19 H à 6H pour compter de ce samedi", indique un communiqué du ministère de la Sécurité transmis samedi à l'AFP.
Le communiqué est publié après une série d'incidents dans la ville de Ouagadougou où se poursuivaient samedi après-midi des manifestations de commerçants mécontents des pillages de militaires mutins et qui s'en sont pris à des édifices publics.
Les commerçants, qui protestent contre ces pillages, ont attaqué et incendié samedi le siège du parti au pouvoir. Ils ont brûlé des pneus à divers endroits de la capitale et ont également mis le feu à des véhicules stationnés dans l'enceinte du ministre du Commerce et de l'Assemblée nationale, avant que le feu ne se propage à ces bâtiments.
Des militaires renforcés par des policiers poursuivaient les manifestants en tirant en l'air dans plusieurs endroits de la capitale.
Le pouvoir du président Blaise Compaoré, confronté depuis février à des mouvements de colère multiples, dont ceux de soldats, a fait face jeudi et vendredi à une nouvelle mutinerie de la garde présidentielle. Les éléments de cette dernière ont reçu les primes qu'ils réclamaient et arrêté leur mouvement vendredi. Mais d'autres soldats continuent la contestation.
(©AFP / 16 avril 2011 16h33)
Au Burkina Faso, des commerçants se révoltent contre les pillages
Par RFI - 16/04/11
Après une nuit relativement calme, Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a connu une matinée agitée ce samedi 16 avril. Des centaines de commerçants, victimes de pillages auxquels se sont livrés des éléments de la garde présidentielle ces deux nuits dernières, se sont attaqués à plusieurs bâtiments publics dont le siège du parti du président Blaise Compaoré.
Avec notre correspondant à Ouagadougou

C’est un spectacle assez désolant qu’on pouvait voir ce samedi 16 avril dans le centre-ville de Ouagadougou. Celui-ci semble avoir vécu une situation quasi insurrectionnelle depuis hier jusqu’à ce matin.
Le siège du gouvernorat, l’hôtel de ville et l’Assemblée nationale ont été vandalisés avec des vitres brisées partout. Une partie du ministère du Commerce, ainsi que les véhicules garés dans la cour, ont été incendiés. Le siège du parti au pouvoir, le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) est en fumée. Des sapeurs-pompiers essaient de sauver ce qui peut l’être encore. Un important salon de coiffure, situé sur la même avenue que le siège du CDP, a été saccagé, les manifestants ont pris le soin de faire sortir les affaires et y ont mis le feu.
Des bus de la société publique Sotraco ont été incendiés. Dans les rues où brûlent encore des véhicules et du mobilier, policiers et gendarmes essaient de disperser les manifestants. Du côté du camp Guillaume Ouédraogo, des soldats, arme et ceinturon en mains, érigent des barricades, éloignent les passants et donnent l’air de vouloir encore manifester. Certains siphonnent du carburant d’un camion-citerne, dans une station-service. La nuit dernière, ces soldats ont pillé de nombreux commerces et cela peut se voir à travers la ville.
Changements majeurs au sein de l’armée
Le président Blaise Compaoré a choisi de tailler dans le vif. Il a annoncé vendredi soir des mesures vigoureuses en réponse à cette série de grogne dans l’armée. D’abord la dissolution du gouvernement. C’est la première fois en vingt ans de vie constitutionnelle que Blaise Compaoré se voit obligé de dissoudre le gouvernement.
Puis, il a procédé à deux changements majeurs au sein de l’armée. D’abord, au niveau de l’état-major général des armées où il a limogé le chef d’état-major, le général Dominique Djindjéré qui est remplacé par le colonel-major Honoré Nabéré Traoré.
Ensuite au niveau de la garde présidentielle, le colonel Boureima Kéré prend la place du colonel Omer Batiolo. Boureima Kéré est celui qui s’est employé ces derniers temps à calmer les manifestants au sein de la garde présidentielle.
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